Les phobies : qu’est-ce que c’est ?

Les phobies : qu’est-ce que c’est ?

Commençons avec une description de ce qu’une phobie de prendre l’avion peut faire ressentir :

« J’ai peur à mort de prendre l’avion et je ne le fais plus jamais. Je commençais à redouter le vol un mois avant le départ. Me rendre à l’aéroport était un cauchemar et, une fois dans l’avion, c’était un horrible sentiment de me sentir emprisonné quand la porte se refermait. Mon cœur battait fort et ma transpiration perlait. Quand l’avion entamait son décollage, ça ne faisait que confirmer la sensation que je ne pouvais pas en sortir. Quand je pense à un voyage en avion, je me vois en train de perdre le contrôle, flipper, grimper les murs, mais évidemment, je n’ai jamais fait ça. J’ai un peu peur d’un écrasement, d’une turbulence, d’une détonation de bombe ou d’une attaque d’un pirate de l’air. Ce qui est encore pire, c’est ce sentiment d’être emprisonné et de n’avoir aucun moyen d’avoir de la sécurité. À chaque fois que j’ai pensé changer d’emploi, j’avais à penser : « Serais-je sous la pression de prendre l’avion ? ». Ces jours-ci, je me rends uniquement dans des endroits que je peux atteindre en voiture ou par train. Mes amis remarquent constamment que je ne pourrais pas sortir d’un train voyageant à grande vitesse non plus, alors pourquoi ne me dérangent-ils pas ? Je leur réponds simplement que ce n’est pas une peur rationnelle. Il y a des lustres que j’ai vu ma famille éloignée. »

Une phobie est une peur intense et irrationnelle de quelque chose qui ne pose que peu ou pas de vrai danger ou, s’il y en a un, le risque est extrêmement improbable. Certaines des phobies les plus communes sont reliées à des endroits fermés, des hauteurs, des escaliers roulants, des tunnels, conduire sur l’autoroute, prendre l’avion, l’eau, des animaux comme des chiens ou des araignées et des blessures ou interventions médicales qui impliquent qu’on puisse voir du sang. De telles phobies ne sont pas juste des peurs extrêmes : elles sont une peur irrationnelle d’une chose particulière et souvent très spécifique. Par exemple, la personne phobique peut être capable de skier sur les montagnes les plus élevées au monde sans problème, mais ne pas pouvoir monter plus haut que le quatrième étage d’une tour à bureaux. Si les adultes atteints de phobies réalisent que ces peurs sont irrationnelles, ils trouvent souvent que faire face ou même imaginer faire face à l’objet ou la situation crainte leur cause une anxiété sévère, peut-être même une panique.

 

Les phobies spécifiques affectent environ 6 à 7% des adultes nord-américains et sont à peu près deux fois plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes. Elles apparaissent généralement pendant l’enfance ou l’adolescence et ont tendance à persister à l’âge adulte. Les causes des phobies spécifiques ne sont pas bien comprises, mais il y a des éléments de preuve qui suggèrent que la tendance à les développer peut être héréditaire.

Comment les gens savent-ils si leur phobie est sérieuse ?

Beaucoup de personnes ont des situations qu’ils craignent. Par exemple, certains peuvent être effrayés lors d’un décollage en avion, voudraient courir lorsqu’un gros chien les approche, ou frissonner à l’idée d’une souris ou d’une araignée dans leur cuisine. Des insectes couverts de chocolat comme collation ? Pas exactement le réconfort de tous ! Si la situation ou l’objet craint est facile à éviter, les gens phobiques peuvent ne pas aller chercher de l’aide, mais si l’évitement interfère avec leur carrière ou leur vie personnelle, cela peut devenir un handicap et un traitement est généralement recherché. Sinon, si la situation est difficile à éviter (imaginez quelqu’un atteint du cancer qui a aussi une phobie des aiguilles), le traitement de la phobie devient plus pertinent. Heureusement, les phobies répondent très bien à une psychothérapie bien ciblée.

Comment traite-t-on les phobies ?

La thérapie cognitive-comportementale (TCC) est très utile pour traiter des phobies. La partie « cognitive » aide les gens à changer leurs modes de pensées qui supportent leurs peurs et la partie « comportementale » les aide à changer leur façon de réagir aux situations provoquant l’anxiété.

Lorsque les gens sont prêts à confronter leurs peurs, on leur montre comment utiliser des techniques d’exposition pour se désensibiliser aux situations qui créent leur anxiété.

Le traitement par TCC d’exposition a été utilisé avec succès depuis de très nombreuses années pour traiter les phobies. Avec l’aide du thérapeute, la personne phobique affronte graduellement l’objet ou la situation crainte, peut-être, en premier, seulement par des photos ou des enregistrements, et ensuite, face à face. Habituellement, le patient et le thérapeute dressent une hiérarchie des situations amenant la personne à être phobique. Les éléments les moins effrayants (ex : une photo d’un chien) sont au début de la hiérarchie, alors qu’être dans une pièce remplie de chiens pourrait être vers la fin de la hiérarchie. Souvent, le thérapeute accompagne la personne pour offrir son support et ses conseils.

La TCC est entreprise lorsque les gens décident qu’ils y sont prêts et avec leur permission et coopération. Pour qu’elle soit effective, la thérapie doit être dirigée sur les anxiétés spécifiques de la personne et doit être ajustée selon ses besoins. Il n’y a pas d’effets secondaires autres que l’inconfort et une anxiété temporairement augmentée. Comme pour toute thérapie, le traitement d’une phobie requiert l’aide d’un thérapeute formé qui est sensible et attentionné.La TCC pour les phobies ne dure souvent que quelques semaines. Elle peut être menée individuellement ou avec un groupe de personnes qui ont des problèmes semblables. Des « devoirs » sont souvent assignés aux participants pour qu’ils les complètent entre les sessions. Si un trouble resurgit plus tard, la même thérapie peut être utilisée pour le traiter une seconde fois avec succès.

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